23/12/09

Main de la neige mince

Main de la neige mince
menacée
apaisant les toits


aube capuche
sur nos épaules
emmaillotent la fraîche
flamme de Dieu


il faut que Lui grandisse
que neige diminue


Dans l'église l'autel
en bois presque nu
la neige à peine de la nappe
la brûlure qui sauve

19/12/09

Toit de neige dans le blanc

Toit de neige dans le blanc


Où commence le ciel
où finit le toit
on ne sait


que la neige d'un blanc de flamme
les nuages
charbons ardents


dehors ou dedans on ne sait


que ce chuchotis d'étoiles
gris-lait
choc infime du poème


manteau
qui met à nu

13/12/09

En gare d'arrivée

En gare d'arrivée
lumière minuscule
novembre
illimite le quai


fraîchit le front des humains serrés
serrant
leur bagage d'angoisse


Sans féérie ni goût de neige
j'en aurai mis du temps
petit jour presque
sans lumière


à rejoindre lange après lange
ton nu neigeux
d'une chaleur
non faite de main d'homme


à être dans ta lune
pâle berceau de neige
non fait de main d'homme

11/12/09

Le soir de juin

Le soir de juin
est un jardin
le ciel un limpide labour
si lumineusement et profondément bleu
que le bleu recule à mesure
des arbres obscurs
des premières étoiles
d'un nuage
pétale
de nacre pâle


Est-ce le bleu qui recule
ou le cœur
ou quelque chose entre les deux
la lumière
presque sans couleur
où se font se défont des fleurs
bois de rose fleur de farine
le ciel ouvert
de la lumière
maison native
presque sans murs

1 poème de Gesualdo Bufalino (1920-1996)

Traduit de l'italien par Marina Poydenot

09/12/09

Ville bue par la nuit

Ville bue par la nuit
redevient le parfum du jardin où la table
est cachée


Ténèbre en tablier
douce mère est-ce toi
ou le rossignol invisible
ouvrant son coffre doux d’images


O les larmes de l’ombre les yeux dans les cours
et le soupir de qui est empêché de naître


Un phare de vélo
file cahots d’or et la ruche
des Radios dort


tombés dans le coffre à images
d’une gorge miraculée
avec les flammèches des cœurs
d’enfants et le peu que soupèse
le cœur caché


Demeure


une poignée de porte O longuement serrée
par des doigts de vœu

08/12/09

Alda Merini (1931-2009) par Valter Ferrero

Valter Ferrero, guitariste / traduit de l'italien par Marina Poydenot

5 poèmes de Tibor Babiczky (né en 1980)

Traduits du hongrois par Zoltan Orban, Blanka Orban et Marina Poydenot

3 poèmes de Jan Twardowski (1915-2006)

Traduits du polonais par Iwona Peda et Marina Poydenot

07/12/09

A Rome

Quand la ville n’est plus qu’une haleine de lierre
et le cri des mouettes
une étoile qui chante
muettement
parmi des choses qu’elle seule voit


O nuit gorge envolée
du couteau nu de peur
et serments argentés
entre les choses non nées
et les mots orphelins de n’avoir été dits


O nuit miséricorde sur
l’obscur

05/12/09

Epées de parfums

Epées de parfums
fulgurent
dans le coeur obscur des pavés
dans la pierre du coeur
O brûlure du soir
terre invisible des rues
faite de voix
de rumeurs de radios dans la flamme légère
des linges
je marche à travers la ville
et tout me devient visage
les rouges murs usés
comme des joues
les enseignes ténues
ainsi qu'un chant d'enfant
tout devient le voyage
vers un qui vient


et c'est rentrer à la maison
dans l'icône forêt d'or
baiser de mère et de fils
deux bras de terre serrant
le visage brûlé

04/12/09

Tombée de la nuit

Nuages
enneigeant les prairies infinies
de la nuit


O l'obscur est tombé avec toutes
ses étoiles
dans les arbres mûrs


Là-bas
est là
tout bas