Mon pays
avec son âme cassée
parmi toutes les choses
à vendre
et à acheter
que sans un mot
elle ensanglante
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12/10/10
22/09/10
Entre Marseille et Cassis
Entre Marseille et Cassis les collines
ne sont que quelques lignes
bleutées
bordant le soir
c'est la mer qui se laisse dire
dans le chevauchement léger des crêtes
beauté sans signature
qui trace
une portée muette
comme il est merveilleux
et terrible
que les choses prient l'alphabet
ainsi le plus pauvre poème
et l'humain minuscule
priés d'être prière
le ciel de laurier-rose
avant la nuit
le ciel
n'a qu'une parole
ne sont que quelques lignes
bleutées
bordant le soir
c'est la mer qui se laisse dire
dans le chevauchement léger des crêtes
beauté sans signature
qui trace
une portée muette
comme il est merveilleux
et terrible
que les choses prient l'alphabet
ainsi le plus pauvre poème
et l'humain minuscule
priés d'être prière
le ciel de laurier-rose
avant la nuit
le ciel
n'a qu'une parole
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08/09/10
De quelle couleur est le banc
De quelle couleur est le banc
à contre-jour
dans l'église ouverte
on n'en voit plus le bout
engouffré dans la blancheur
et le bout de la lumière est un banc
où s'assoient les vivants
les morts
en cours de résurrection
telle est la couleur de ce banc
noir de lumière
blanc de nuit
chacun pleurant muettement
l'un vers l'autre
et il n'est plus rien à dire
que larmes
à contre-jour
dans l'église ouverte
on n'en voit plus le bout
engouffré dans la blancheur
et le bout de la lumière est un banc
où s'assoient les vivants
les morts
en cours de résurrection
telle est la couleur de ce banc
noir de lumière
blanc de nuit
chacun pleurant muettement
l'un vers l'autre
et il n'est plus rien à dire
que larmes
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Poèmes
29/08/10
La nuit a livré son secret
La nuit a livré son secret
de neige dans le noir
le mystère est entier
comme éternellement se penchant
du ciel étoilé
à peine as-tu touché la neige qu'elle fond
à peine as-tu touché la neige qu'elle fond
et retourne à la nuit
quant aux étoiles
que peuvent tes mains
cher vieux corps
à cet instant seulement âme
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Poèmes
27/08/10
Arbres de nuit
Arbres de nuit
mi mars
les pieds perdus dans l'herbe noire
sans nulle feuille
que les étoiles
mi mars
les pieds perdus dans l'herbe noire
sans nulle feuille
que les étoiles
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Poèmes
20/07/10
Je suis partie
Je suis partie avec le rideau
que gonflait le vent de Marseille
avec le port et les collines
hâtivement découpées au ciseau
et les calanques les maisons crayeuses dans les plis
je suis partie avec la lumière
blanche qui n'écrit rien
je suis partie avec Chopin
qui s'écoulait entre les tables vers la mer
mais toujours ils me ramenaient
au dedans désert et nu
au dedans
brûlant dehors
que gonflait le vent de Marseille
avec le port et les collines
hâtivement découpées au ciseau
et les calanques les maisons crayeuses dans les plis
je suis partie avec la lumière
blanche qui n'écrit rien
je suis partie avec Chopin
qui s'écoulait entre les tables vers la mer
mais toujours ils me ramenaient
au dedans désert et nu
au dedans
brûlant dehors
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15/05/10
Chant des herbes foulées, un avril
Nul pas depuis longtemps
dans ce jardin de lait
nul corps
dans cet affairement de gardes fantômes
une femme captive
de sa tête
et son sang est un âne mort
O le délivrement radieux de ses seins
avec son coeur chaud
il y avait un vivant devant elle
mais elle croyait qu'il était mort
alors que sa lumière pure pesait sur nous
et que nous sanglotions de rosée
dans ce jardin de lait
nul corps
dans cet affairement de gardes fantômes
une femme captive
de sa tête
et son sang est un âne mort
O le délivrement radieux de ses seins
avec son coeur chaud
il y avait un vivant devant elle
mais elle croyait qu'il était mort
alors que sa lumière pure pesait sur nous
et que nous sanglotions de rosée
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26/03/10
Petite aube
Petite aube en clarté
se frotte les yeux
ailes nues sur les plaies
du jardin givré
violettes fripées
comme des nouveaux-nés
feux flottants des premières
oranges
se frotte les yeux
ailes nues sur les plaies
du jardin givré
violettes fripées
comme des nouveaux-nés
feux flottants des premières
oranges
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Poèmes
Lune
Lune couteau nacré
arrêté par le gel
j'ai encore échappé au jugement dernier
Ange des précipitations
merci
aurais-tu respiré au marché des tziganes
les feux follets des premiers fruits
aurais-tu aperçu par la vitre du bus cet homme avec son téléphone
pleurant en pleine rue
Dépêche-toi mon cœur
de la nuit ou de toi
qui gèle à pierre fendre ?
arrêté par le gel
j'ai encore échappé au jugement dernier
Ange des précipitations
merci
aurais-tu respiré au marché des tziganes
les feux follets des premiers fruits
aurais-tu aperçu par la vitre du bus cet homme avec son téléphone
pleurant en pleine rue
Dépêche-toi mon cœur
de la nuit ou de toi
qui gèle à pierre fendre ?
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28/01/10
Chartres noyé de nuit
Chartres
noyé de nuit
seule une petite rue
monte en flèche
de cathédrale
goudron noir fonçant vert et or
dans la nuit des temps
avec le saut de puce des toits
vers l'étoile
et le songe à flots des dormeurs
aveugles percées
vers le ciel du fond
toute la ville est blottie
contre la cathédrale
comme Nemo inconscient
dans son bathyscaphe
noyé de nuit
seule une petite rue
monte en flèche
de cathédrale
goudron noir fonçant vert et or
dans la nuit des temps
avec le saut de puce des toits
vers l'étoile
et le songe à flots des dormeurs
aveugles percées
vers le ciel du fond
toute la ville est blottie
contre la cathédrale
comme Nemo inconscient
dans son bathyscaphe
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14/01/10
Tremblée comme un agneau
Tremblée comme un agneau
usée comme un vieux lainage
la neige
qui avait vêtu chaque chose
de sa nudité
et nommé les mondes silence
chemin uni
page blanche
la neige s'est tue
Toutes les choses sont
à découvert
mais la seule qui suffise
est cachée
usée comme un vieux lainage
la neige
qui avait vêtu chaque chose
de sa nudité
et nommé les mondes silence
chemin uni
page blanche
la neige s'est tue
Toutes les choses sont
à découvert
mais la seule qui suffise
est cachée
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Fine gifle de silence
Fine gifle de silence
le grésil
bruisse dans l'air
sur la joue frappée de mystère
Le lendemain la neige est née
l'invisible argente la ville
graciant le gris
la faible clarté du cœur
diffractée
bondit hors de la poitrine et s'élance
dans l'innocence poudroyante
le grésil
bruisse dans l'air
sur la joue frappée de mystère
Le lendemain la neige est née
l'invisible argente la ville
graciant le gris
la faible clarté du cœur
diffractée
bondit hors de la poitrine et s'élance
dans l'innocence poudroyante
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06/01/10
à Mercedes Sosa (1935-2009)
Cristal d'une guitare dans la salle obscure
sur la pellicule une route
épouse la brume
Le film se passe en Argentine
mais la route passe là
au beau milieu de nous
blocs de nuit
et le jour est un gouffre
cièlant sur l'asphalte
au-revoir Mercedes Sosa
j'ai dormi quelquefois au ventre de ta voix
où brillaient quelques notes
de guitare lactée
remets-nous à Jésus qui passe
lorsque le mot "fin" apparaît
et que s'éteint le noir vivant
sur la pellicule une route
épouse la brume
Le film se passe en Argentine
mais la route passe là
au beau milieu de nous
blocs de nuit
et le jour est un gouffre
cièlant sur l'asphalte
au-revoir Mercedes Sosa
j'ai dormi quelquefois au ventre de ta voix
où brillaient quelques notes
de guitare lactée
remets-nous à Jésus qui passe
lorsque le mot "fin" apparaît
et que s'éteint le noir vivant
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02/01/10
Les nuages tracés
Les nuages tracés
par une main rêveuse
aux marges
de la nuit
la main surprise dans ce rêve
de l’écriture familière
soudain étrange
arabesque immaculée
écume
lourde de sens
Que faire
la langue maternelle
est une langue étrangère
Cet homme dans le train
sans mots que larmes
a t’il reçu une mauvaise nouvelle
peut-être est-il seulement humain
atteint par le ciel
et par cela qu’il reconnait
dans les nuages
méconnaissables
Les choses sont tellement
nues
minuscules baraques tonneaux bleus
au beau milieu des potagers
dans la familiarité des forêts
verdeur parfaite
près de finir
il peut voir cette finitude
comme s’il était
et en elle et en-dehors d’elle
chemins champs mouillés
et même
le petit paysage de pluie sur la vitre
tout
lui semble un visage
un regard
Dans le train
les faces fermées
livres ouverts
indéchiffrables
par une main rêveuse
aux marges
de la nuit
la main surprise dans ce rêve
de l’écriture familière
soudain étrange
arabesque immaculée
écume
lourde de sens
Que faire
la langue maternelle
est une langue étrangère
Cet homme dans le train
sans mots que larmes
a t’il reçu une mauvaise nouvelle
peut-être est-il seulement humain
atteint par le ciel
et par cela qu’il reconnait
dans les nuages
méconnaissables
Les choses sont tellement
nues
minuscules baraques tonneaux bleus
au beau milieu des potagers
dans la familiarité des forêts
verdeur parfaite
près de finir
il peut voir cette finitude
comme s’il était
et en elle et en-dehors d’elle
chemins champs mouillés
et même
le petit paysage de pluie sur la vitre
tout
lui semble un visage
un regard
Dans le train
les faces fermées
livres ouverts
indéchiffrables
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23/12/09
Main de la neige mince
Main de la neige mince
menacée
apaisant les toits
aube capuche
sur nos épaules
emmaillotent la fraîche
flamme de Dieu
il faut que Lui grandisse
que neige diminue
Dans l'église l'autel
en bois presque nu
la neige à peine de la nappe
la brûlure qui sauve
menacée
apaisant les toits
aube capuche
sur nos épaules
emmaillotent la fraîche
flamme de Dieu
il faut que Lui grandisse
que neige diminue
Dans l'église l'autel
en bois presque nu
la neige à peine de la nappe
la brûlure qui sauve
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19/12/09
Toit de neige dans le blanc
Toit de neige dans le blanc
Où commence le ciel
où finit le toit
on ne sait
que la neige d'un blanc de flamme
les nuages
charbons ardents
dehors ou dedans on ne sait
que ce chuchotis d'étoiles
gris-lait
choc infime du poème
manteau
qui met à nu
Où commence le ciel
où finit le toit
on ne sait
que la neige d'un blanc de flamme
les nuages
charbons ardents
dehors ou dedans on ne sait
que ce chuchotis d'étoiles
gris-lait
choc infime du poème
manteau
qui met à nu
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13/12/09
En gare d'arrivée
En gare d'arrivée
lumière minuscule
novembre
illimite le quai
fraîchit le front des humains serrés
serrant
leur bagage d'angoisse
Sans féérie ni goût de neige
j'en aurai mis du temps
petit jour presque
sans lumière
à rejoindre lange après lange
ton nu neigeux
d'une chaleur
non faite de main d'homme
à être dans ta lune
pâle berceau de neige
non fait de main d'homme
lumière minuscule
novembre
illimite le quai
fraîchit le front des humains serrés
serrant
leur bagage d'angoisse
Sans féérie ni goût de neige
j'en aurai mis du temps
petit jour presque
sans lumière
à rejoindre lange après lange
ton nu neigeux
d'une chaleur
non faite de main d'homme
à être dans ta lune
pâle berceau de neige
non fait de main d'homme
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11/12/09
Le soir de juin
Le soir de juin
est un jardin
le ciel un limpide labour
si lumineusement et profondément bleu
que le bleu recule à mesure
des arbres obscurs
des premières étoiles
d'un nuage
pétale
de nacre pâle
Est-ce le bleu qui recule
ou le cœur
ou quelque chose entre les deux
la lumière
presque sans couleur
où se font se défont des fleurs
bois de rose fleur de farine
le ciel ouvert
de la lumière
maison native
presque sans murs
est un jardin
le ciel un limpide labour
si lumineusement et profondément bleu
que le bleu recule à mesure
des arbres obscurs
des premières étoiles
d'un nuage
pétale
de nacre pâle
Est-ce le bleu qui recule
ou le cœur
ou quelque chose entre les deux
la lumière
presque sans couleur
où se font se défont des fleurs
bois de rose fleur de farine
le ciel ouvert
de la lumière
maison native
presque sans murs
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09/12/09
Ville bue par la nuit
Ville bue par la nuit
redevient le parfum du jardin où la table
est cachée
Ténèbre en tablier
douce mère est-ce toi
ou le rossignol invisible
ouvrant son coffre doux d’images
O les larmes de l’ombre les yeux dans les cours
et le soupir de qui est empêché de naître
Un phare de vélo
file cahots d’or et la ruche
des Radios dort
tombés dans le coffre à images
d’une gorge miraculée
avec les flammèches des cœurs
d’enfants et le peu que soupèse
le cœur caché
Demeure
une poignée de porte O longuement serrée
par des doigts de vœu
redevient le parfum du jardin où la table
est cachée
Ténèbre en tablier
douce mère est-ce toi
ou le rossignol invisible
ouvrant son coffre doux d’images
O les larmes de l’ombre les yeux dans les cours
et le soupir de qui est empêché de naître
Un phare de vélo
file cahots d’or et la ruche
des Radios dort
tombés dans le coffre à images
d’une gorge miraculée
avec les flammèches des cœurs
d’enfants et le peu que soupèse
le cœur caché
Demeure
une poignée de porte O longuement serrée
par des doigts de vœu
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07/12/09
A Rome
Quand la ville n’est plus qu’une haleine de lierre
et le cri des mouettes
une étoile qui chante
muettement
parmi des choses qu’elle seule voit
O nuit gorge envolée
du couteau nu de peur
et serments argentés
entre les choses non nées
et les mots orphelins de n’avoir été dits
O nuit miséricorde sur
l’obscur
et le cri des mouettes
une étoile qui chante
muettement
parmi des choses qu’elle seule voit
O nuit gorge envolée
du couteau nu de peur
et serments argentés
entre les choses non nées
et les mots orphelins de n’avoir été dits
O nuit miséricorde sur
l’obscur
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